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La politique du commerce extérieur du Président Trump Le Libre Échange n’est pas toujours juste en soi

February 15, 2017

 

Au sommaire de cet article :

  • Le Wall Street Journal publie un article qui s'oppose à la politique commerciale de Trump.

  • Les États-Unis ont trop longtemps souffert des accords de libre-échange avec la Chine qui ne prévoyaient pas de tarifs douaniers.

  • Trump n’aspire pas à un commerce de protection, mais vise un commerce équilibré.

 

Le Wall Street Journal a publié le 16 janvier dernier un article intitulé « les guerriers de Trump à l’assaut du commerce extérieur », en prévision de l'investiture de Trump.

 

Les nominés pour le poste de Secrétaire du Commerce Extérieur des États-Unis étaient alors MM. Wilbur Louis Ross Jr., Directeur de la Chambre nationale du commerce, Peter Navarro, et Robert Lighthizer, représentant des États-Unis pour le commerce. Tous étaient tous décrits comme en faveur de politiques commerciales protectrices.

Le Wall Street Journal s’en prenait à l'administration Trump pour son déficit en partisans du libre-échange. Il déclarait également que les républicains devaient tenir à l’œil ce « triumvira protectionniste » pour qu'il ne sonne pas le glas de l'administration Trump.

 

Le Wall Street Journal a critiqué Ross parce qu’il ne croyait pas à la réciprocité des bénéfices en matière de commerce international, qu’il voyait plutôt comme un « jeu à somme nulle ». Le quotidien a aussi exprimé son scepticisme à l’égard de Navarro, suggérant qu'il mettait les États-Unis à contribution pour bloquer la politique mercantiliste de la Chine.

 

Libre échange et protectionnisme

Beaucoup redoutent à travers le monde que Trump ne jette aux orties l'économie mondiale en signant la fin du libre-échange qu’il remplacerait par une politique commerciale hyper protectrice. C’est pourquoi nous voulons évoquer dans cet article les tenants et aboutissants du « libre-échange », les implications de l’approche protectionniste de Trump et ce à quoi nous conduit sa nouvelle politique commerciale.

Mais quel est tout d'abord ce concept de « libre-échange » dont parlent les médias ?

Le libre-échange désigne les affaires conclues entre différents pays sans imposition de taxe douanière. Une retenue des douanes, que l’on appelle « tarif douanier », est une taxe qui doit être versée à un pays au moment de l’importation ou de l’exportation de marchandises. En pratique, si la taxe douanière est réduite à 0 %, le vendeur et l'acheteur auront dégagé ensemble le maximum de bénéfices.

À l’opposé, Trump est déterminé à instaurer une taxe douanière de 45 % sur les importations chinoises. Dans cette éventualité, le coût des importations chinoises augmenterait, induisant leur perte de compétitivité à l’égard des produits américains, et rentabilisant du même coup les entreprises américaines. C'est pourquoi la presse taxe Trump de « protectionniste ».

 

Le libre-échange est-il bon en soi ?

Vu sous cet angle, un commerce protecteur ne serait qu’une politique égoïste menée au profit de son propre pays. Un plus gros problème reste néanmoins perceptible : celui des coûts extrêmement réduits de la main-d'œuvre et de la production en Chine.

Prenons ainsi l’exemple de l'industrie sidérurgique. Au Japon comme aux États-Unis celle-ci a souffert des coups portés par la Chine du fait des vastes quantités d'acier qu’elle a déversées à vil prix sur ces marchés.

La vidéo de Navarro « Death By China (Tué par la Chine) » illustre avec précision combien d'entreprises ont déplacé leurs installations de production vers la Chine. Lorsque le groupe Boeing a commencé à faire construire son avion en Chine, il a non seulement induit les fuites d’une technologie américaine récente, mais il a également réduit l'emploi américain.

Comme l’indique le titre de ce clip, la Chine est sur le point d'entraîner la mort aux États-Unis à travers le libre-échange.

Il s’en dégage que Trump n’aspire pas à un commerce protecteur en soi, mais à un commerce « juste ». Il ne s'agit pas là d’une opposition entre libre échange et commerce protecteur, mais bien plutôt de permettre aux responsables politiques de réfléchir à ce qui est le plus favorable à la prospérité de leur pays.

 

Libre-échange et néolibéralisme

Le néolibéralisme est une philosophie économique qui vise à défendre la liberté et la valeur économique de tout individu. Il s'est répandu au cours des années 1970 et 80, principalement aux États-Unis et au Royaume-Uni.

La liberté est bien sûr très importante en soi, mais le néolibéralisme comporte un grand travers : dans sa tentative de protéger son idéologie, il a tendance à ignorer la nation en tant qu’entité à part entière, pour glorifier le mondialisme.

La raison en est que le néolibéralisme manque d'esprit patriotique. Cette doctrine, lancée par Milton Friedman, tend à considérer la nation comme espace nécessaire à la liberté et à l’épanouissement économique de chacun d’entre nous.

Mais cela donne aussi l'impression que les gens naissent pour courir après des valeurs matérialistes telles que l'argent. On peut lire le germe de cette idée dans les philosophies de Friedman et ses prédécesseurs John Locke ou Adam Smith.

 

Des contradictions inscrites dans le néolibéralisme

Le philosophe allemand G.W.F. Hegel avait pris conscience de ce problème auquel il a consacré cette critique acerbe : « La nature (de l'État) est telle qu’à moins qu’une de ses parties ne se distingue des autres, à moins que l’une d’elle n'atteigne son autonomie, c’est sa globalité qui est vouée à périr ». Ce qui revient à dire que le néolibéralisme ne parvient pas à justifier l'importance de défendre son pays d’appartenance.

 

Mais en réalité, la « passion que chaque individu consacre à la création d'une nation idéale » s’inscrit aussi pleinement dans ce concept de liberté véritable. Hegel plaçait ainsi la liberté de créer une communauté au-dessus des valeurs économiques les plus suprêmes.

 

Le patriotisme est naturel en soi

Le patriotisme, cet état d’esprit qui consiste à soutenir sa nation, est une forme d’expression de son amour pour la communauté à laquelle on appartient. Il est naturel chez les êtres humains. Hegel a dit du patriotisme « qu’il était ce sentiment qui nous conduisait à reconnaître, dans le contexte ordinaire de nos relations au quotidien, que notre communauté d’appartenance était à la fois notre fondement et notre finalité ».

Bien sûr, une telle vision diffère grandement de celle du patriotisme imposé en Chine comme en Corée du Nord, où chaque individu se retrouve privé de liberté. Célèbre philosophe de la Grèce antique, ce berceau de la démocratie, Aristote clamait que le patriotisme était inné. Il affirmait de même que « Celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n'a besoin de rien parce qu'il se suffit à lui-même, ne fait point partie de l'État. C'est une brute ou un dieu ».

« Polis » désigne l’État en grec. Il allait jusqu’à dire que ceux qui ne parvenaient pas à créer une communauté n’étaient pas des personnes, mais des animaux.

 

De la mondialisation au totalitarisme

La réflexion de l'économiste autrichien Friedrich Hayek peut aussi nous aider à mieux comprendre les idées du président Trump. Hayek était un partisan du libéralisme, mais sa position différait quelque peu de celle de Friedman.

Hayek s'opposait à ce que l'Union Européenne dispose d’une monnaie commune et faisait pression pour que chaque pays y conserve le droit d'émettre sa propre monnaie. Il était convaincu qu'un groupement international tel que l'UE ne devrait pas pouvoir exercer sa gouvernance sur des États séparés.

 

Cette organisation européenne s’est fondée sur l'idée de s’affranchir de ses frontières internes et de se doter d’une monnaie unique. À première vue, la communauté qui en résulte semble idéale, forte de la liberté qu’elle accorde de franchir ses frontières et de sa zone de libre-échange. Mais contemplez la situation actuelle : du fait que les droits d'émission de devises sont réservés à l’UE, les pays qui la composent ne sont plus capables d'appliquer des politiques financières individuelles adaptées à des conditions fluctuantes. À l’instar de la Grèce, beaucoup d’entre eux font l’expérience de crises financières majeures.

 

Quand il va trop loin, le mondialisme finit par imposer de manière totalitaire les mêmes valeurs à chaque pays. Mais ce phénomène empêche les citoyens de chaque pays d'opter pour un esprit patriotique et de vouloir œuvrer à un avenir idéal. C’est ce qu’Hayek avait compris.

 

Nous entrons à présent dans une période où nous devons retrouver cette forme de libéralisme qui réintègre l'idée de « l'État ».   

 

Par Hanako CHO.

 

Le 7 février 2017, The Liberty Web

Source  http://eng.the-liberty.com/2017/6597/

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